«Il y a des années de ça maintenant où, jeune élève de primaire, je levais le nez vers les yeux plombés, annonciateurs de l'automne et de la rentrée. A cette époque acidulée, la rentrée n'était synonyme que d'amis à revoir, de récréations à jouer à la marelle et de nouvelle institutrice. Dès le mois d'août, d'un geste vif je m'emparais de mon cartable, réquisitionnais ma s½ur et mes peluches et m'improvisais en maîtresse d'école. De cette époque évanouie à jamais , il demeure une vague odeur de craie , de fournitures neuves et de pluie, spectre évanescent se dressant invariablement à la fin des beaux jours , comme pour me rappeler qu'il fut un temps où la rentrée n'était pas le désastre que l'on sait.
En cette rentrée 1997, il me tardait de passer le petit portail de l'école, de rencontrer mes camarades. Il me tardait de m'asseoir à mon pupitre, d'ouvrir mes cahiers flambant neuf, et de savourer la délivrance ponctuée par le goûter de 4 heures.
En cette rentrée 2007, réticente, je passe un autre portail, plus grand cette fois. Je salue mes camarades, dévisage les nouveaux. A contrec½ur, mes pas me mènent vers une table, malgré moi j'ouvre un carnet. Quant au goûter, ce n'est guère la peine d'y penser quand on sort du lycée à 18 heures.
Les temps changent. Je ne suis pas immuable. L'élève enthousiaste d'autrefois s'est érodée sous le travail, les injustices, la vie pour devenir une lycéenne désenchantée, ruminant le triste refrain du « What's the point ?! » .
Et dans un triste ballet s'entremêlent les grasses matinées avortées, les contrôles, les cours à prendre, les prises de paroles obligatoires, les perspectives peu reluisantes de travaux type bac. Et il faut qu'on sourie avec ça. »
Ce texte, que je trouve très approprié au sentiment que j'éprouve en ce moment, n'est pas de moi : *
(je vous inviteà jetter un coup d'oeil cela vaut vraiment le détour , ses textes sont magnifiques et parlent de tout.)